huile sur bois. 50P
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… Étroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.
Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empire
Aux chambres closes du désir.
Entre l’Été, qui vient de mer. À la mer seule, nous dirons
Quels étrangers nous fûmes aux fêtes de la Ville, et quel astre montant des fêtes sous-marines
S’en vint un soir, sur notre couche, flairer la couche du divin.
En vain la terre proche nous trace sa frontière. Une même vague par le monde,
une même vague depuis Troie
Roule sa hanche jusqu’à nous. Au très grand large loin de nous fut imprimé jadis ce souffle…
Et la rumeur un soir fut grande dans les chambres : la mort elle-même, à son de conques, ne s’y ferait point entendre !
Aimez, ô couples, les vaisseaux ; et la mer haute dans les chambres !
La terre un soir pleure ses dieux, et l’homme chasse aux bêtes rousses ; les villes s’usent, les femmes songent… Qu’il y ait toujours à notre porte
Cette aube immense appelée mer – élite d’ailes et levée d’armes, amour et mer de même lit, amour et mer au même lit –
Saint John-Perse « Étroits sont les vaisseaux », Amers, strophe IX, 1, O. C., p. 326. La Pléiade