29.10.2007
Naples : Le Vésuve, veilleur silencieux!
19:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Naples, Baroque
Naples: Et le ciel coulait...
"... A Naples, juste à Naples, dans la plus malheureuse, la plus affamée, la plus humiliée, la plus torturée des villes d'Europe, voilà que j'entendais prononcer le mot sang avec un religieux respect, de cette voix claire, pure, aimable, innocente qu'a le peuple napolitain pour prononcer les mots : maman, enfant, ciel, Madone, pain, Jésus,... J'étais arrivé au terme de mon long voyage : ce mot était vraiment un port, ma dernière station, mon débarcadère, le môle sur lequel je pouvais toucher la terre des hommes civilisés. Le ciel était pur, la mer verte resplendissait à l'horizon. Et le ciel coulait comme un fleuve bleu sur la seule ville d'Europe où le sang de l'homme fut encore sacré..."
Curzio Malaparte. Kaputt.
18:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Naples, le Baroque napolitain
26.10.2007
Le Baroque: Genève fait de la résistance
- Mais est-ce qu'à votre avis ce basculement de la sensibilité est lié à des phénomènes comme la Contre-Réforme ou le jansénisme...?
- La Contre-Réforme a un rôle considérable dans cette affaire. La Réforme en elle-même est un ébranlement considérable de la sensibilité et de la pensée européenne sur l'ensemble de l'Europe. Sous deux aspects: Réforme et Contre-Réforme, et finalement l'une et l'autre se mêlent d'une certaine manière. Allez dans les endroits ou Calvin règne--je ne dis pas Luther--Calvin. Le Baroque cesse. Vous avez une frontière.
- Oui, la seule ville dont on peut dire qu'elle n'est pas baroque, c'est Genève.
- C'est Genève, absolument. Alors que le luthérianisme a accueilli des formes de baroque, quelquefois même leur a permis de s'épanouir. C'est assez étonnant de voir les églises dans lesquelles Jean-Sébastien Bach jouait. Et ça fait comprendre aussi le baroquisme de J.S Bach. On a perdu cette idée-là au XIX è siècle lorsqu'on a transformé l'église St-Thomas à Leipzig pour en refaire une église gothique. Pour retrouver l'esprit de Bach, il faut aller dans les petites églises de Saxe, autour de Leipzig, on voit le décor, les endroits où il jouait: on est en pleine harmonie avec sa musique.
Réforme et Contre-Réforme sont très importantes. D'autres faits historiques: la prise de Rome en 1527 par les luthériens. C'est aussi un formidable ébranlement de la pensée occidentale. Pour la première fois depuis les invasions barbares, Rome est prise, saccagée, et au nom de la religion chrétienne en plus. On y pense pas souvent. C'est quelque chose d'effroyable qui a traversé l'esprit des hommes de ce temps..."
Philippe Beaussant. Vous avez dit baroque? Actes-Sud
16:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Baroque, Genève
Naples: Le Cavalier Alcovère
Je me suis remis à écrire. Longues journées de soleil ininterrompu. L’automne point. Je suis déjà à jeudi, à cette rencontre. Nuits courtes. J’ai parcouru les églises baroques, Gesu Nuovo, San Gregorio Armeno, ébloui de lumière, saoulé de beauté, ors, arpèges, volutes, arabesques. Jusqu’à ne plus rien voir, ne rien sentir. Je n’ai même plus la force de marcher, j’erre dans les rues sans savoir où aller, heureux. Rentré dans ma chambre, j’ai dormi à peine allongé sur mon lit. Je devrais être fort, prudent, me comporter en adulte. Mais aimer, n’est-ce pas plutôt sentir, désirer, imaginer, vouloir mourir... Amour baroque, comme il est vécu ici. Ou alors plénitude, oubli de soi, paix, sérénité qui fait tout oublier, Lucie... Raymond Alcovère, extrait de "Fugue baroque", roman, éditions n & b, 1998
Le cavalier Bernin, Alexandre VII, détail, Basilique Saint Pierre, Rome
09:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Naples, Baroque, Raymond Alcovère
25.10.2007
Féminin-masculin symbolique, l'imaginaire baroque
"Apparemment le baroque s'inscrit dans le registre de la féminité. Il multiplie les volutes, les dômes, les courbes et les contre-courbes, les ellipses, les spirales et en littérature les périphrases, les paraphrases, les métaphores, les enjambements, toutes les figures de la dérivation et de l'enveloppement.
Mais il s'agit en fait de faire dériver sans se faire soi-même surprendre par la dérive, de prendre dans ses filets sans donner l'impression d'une prise. Nous ne sommes plus ici dans le registre du féminin symbolique : passivité, réceptivité, accueil à la prise ou à l'emprise, mais bien dans celui de la masculinité symbolique, active, conquérante, apte à prendre et à surprendre, et qui se sert de l'appas féminin pour mieux parvenir à ses fins..." Claude Gibert Dubois, le Baroque, profondeurs de l'apparence, éd Lar. 1973.
Merci d'avance à l'ami Ray pour cette superbe photo piquée sur son blog, en douce! Courbes, tu as dit courbes?
14:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Le Baroque
24.10.2007
Baroque, tu as dit baroque?
Le propre du baroque c'est d'avoir porté les plis jusqu'à l'infini. Au XVIIè siècle, à l'ébranlement des certitudes, la Contre-réforme oppose l'ostentation, les fastes et le gonflement du paraître. Contre l'harmonie linéaire, les lignes droites et la géométrie, le Baroque. Son étonnante force expansive se substitue à la peur du vide et de l'immobilisme. Ses noyaux prolifèrent en Europe et en Amérique latine. Les églises, les chapelles, les corps, les plis des drapés taillés dans le marbre, les colonnes torses et les jaillissements des fontaines s'élèvent du sol et se propagent partout.
Panache, ornement, il n'est point de naturel sans artifices, sans flammes. Les formes irrégulières et le principe de l'ellipse régissent cet univers illusoire. Tout en courbes et en volutes, en ondes mourantes ou joyeuses. Contre l'immobilisme et le repos, le Baroque flamboyant.
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Cloître San Gregorio Armeno, Naples.
16:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Le Baroque, Naples
Le Baroque-Rosa Salvator (1615-1673)
Il est né à Arenella, près de Naples. Son oncle Domenico Antonio Greco lui donne les premiers rudiments de la peinture mais c'est son beau frère Francesco Fracanzano qui parfait son éducation artistique. Par la suite, l'apport de Jusepe Ribero et Aniello Falcone sera déterminant. Rosa Salvator gagne en maturité et monte à Florence. Les Médicis, séduits par son talent, lui commandent des tableaux. Pendant huit ans il restera à leur service. Cet artiste polyvalent est également un excellent graveur, poète et musicien. Ses paysages et ses scènes de bataille sont appréciés au XIXè siècle; la société aimera ses satires et ses allégories. La grande passion dont sont animés ses tableaux religieux lui vaudra une grande renommée. Il est mort à Rome en 1673.
Jason terrassant le dragon.
16:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Baroque, Naples, Rosa Salvator
La fontaine du cloître de San Gregorio Armeno: Matteo Bottiglieri (1684-1757)
Panache, ornement. Il n'est point de naturel sans artifices (Leçons du Bernin, natif de Naples).
Le principe de l'ellipse régit l'univers baroque. Tout en courbes et en volutes, en ondes mourantes. San Gregorio Armeno, le cloître est orné d'une fontaine avec les statues du Christ et la Samaritaine.
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"Le baroque napolitain ignore la ligne droite, l'immobilité et le repos. Tout ce que la constellation baroque compte de poètes, de sculpteurs, d'architectes, de peintres privilégient l'eau qui s'écoule, qui se meut, qui bouillonne. L'univers, lieu d'illusions et de métaphores, n'est plus qu'un jeu de formes inconsistantes" Gérard de Constanze
08:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : San gregorio Armeno, Naples, le Baroque
23.10.2007
Le Baroque tardif napolitain-Giuseppe Sanmartino (1720-1793)
Né et mort à Naples, Giuseppe Sanmartino est un grand sculpteur napolitain connu principalement pour son Cristo velato ou le Christ voilé qui se trouve à la chapelle Sansevero à Naples. Créateur infatigable, il travaille aussi bien le marbre que n'importe quelle autre matière avec un talent certain. Il est considéré comme le chef de file de la sculpture européenne du seicento. L'essentiel de son oeuvre est visible au Musée di San Martino à Naples.
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" Rien n'est plus beau que la situation de Naples... elle est amphithéâtre sur la mer..."Montesquieu
18:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Giuseppe Sanmartino, le baroque napolitain, le christ voilé
Le Baroque napolitain- Antonio Corradino (1668-1752)
La Pudicizia ou la pudeur voilée. Chapelle Sansevero. Naples. Le voile ne cache plus le regard, les seins paraissent mouillés, déjà les mailles craquent sous la force du corps...
" la Pudeur est représentée enveloppée dans un voile depuis la tête jusqu'aux pieds, et quoique le voile soit du même bloc de marbre, on croit voir la figure comme au travers du voile, qui est assez fin pour en exprimer tout le nu: les grâces de la physionomie et le moelleux des traits y paraissent encore comme si on les voyait à découvert..."
10:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La Pudeur. Corradini






