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28.03.2008
La Caresse dansée... par SonYa Sandoz, sa danse, sa cadence!
La caresse Dansée
Parce que le geste du peintre est caresse. Forcément. On ne peint pas comme on se bat. On ne peint pas comme on se meurt. C’est un frôlement. Un glissement de peau sur les surfaces du monde. Matière contre matière. Cuir contre cuir. La main effleure le sol des pas. Progresse dans les cendres du jour pour ranimer le foyer d’enfance : cette braise encore chaude sous les rameaux. Mirage. C’est un cri confondu en murmure. Une étreinte enlacée dans un dernier soupir. Couleur : souffle éteint du peintre qui donne à sa main, le désir d’éterniser.
Parce que le mouvement de la danse est peinture. Allègement de soi. Eclaboussures de corps portant à leur traîne le poids des rois. Talent du vent à devenir grain.
Parce que la main du peintre danse. Fait crisser le plancher de la toile. Se courbe. S’appuie. S’éloigne. Entame la valse passionnelle de cette paume sur la toile, partie en exil, au-delà du cadre, au-delà d’elle-même, à la croisée des hommes. La main valse avec sa tendresse. De toute sa grâce et de toute sa violence. Combat de loups. Oiseau redevenu frêle entre les bras de la beauté.
Et la caresse peint sur l’étoffe des corps la fresque d’attente. La membrane mue. L’écorce est parchemin: hiéroglyphes des doigts qui l’ont composée. La caresse dessine ses paysages, encre sa mémoire dans le frisson qu’elle parcourt. Chorégraphie de tremblements. On ne peint jamais la même toile. Calligraphie du désir. On ne caresse jamais deux peaux de la même main.
Au fusain la folie d’être deux, du bout des doigts le boléro des aveux, et le souffle des jours sous la caresse dansée.
SonYa Sandoz.
http://auxtempesdesmiroirs.hautetfort.com
Très grand merci, petite fugue..! Alors, tu me l'accordes cette danse?
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Bona Mangangu. Encre sur très vieux papier du 19è siècle. Villa Antonine 06. Collection personnelle.
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Alexandre Scriabine. Caresse dansée OP. 57 No 2, interpretée par Glenn Gould
http://www.dailymotion.com/video/xq1g4_scriabine-caresse-...
08:20 Publié dans Peintures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, peintures, poésies, scriabine, glenn gould, encre, sonya sandoz
26.03.2008
Peindre, peut-être...
"Oui, ici, s'arrêter, se laisser rattraper par soi-même dans des jours neufs de tous les"possibles", du matin au soir.
Peindre, peut-être, mais laisser brûler toute cette vacuité jusqu'à faire jaillir puis exploser ce qui est tellement enfoui!
Allumer toutes ces cellules qui dorment en nous, jamais sollicitées; il paraît qu'elles sont des milliards...
Sans bruit, sans même de sillage, apprendre à passer dans le monde... Nous ne sommes ici que pour un si bref passage!
L'illumination! Tout d'un coup le message est là, précis et ouvert, de la Vraie acceptation, de sa vie, de son sort.
Mais toi, où vas-tu donc, humanité déséquilibrée qui a oublié la simplicité."
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Image: Ronda, Andalousie, Espagne.
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19:20 Publié dans Peintures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : peintures, littérature, poésies
Seule la Musique...
"...Au secours donc, vents et volatiles, muses, musiciens, venez, troubadours, détournez en sons ce nouveaut récit, le seul projet qui vaille pour l'humanité en voie de se retrouver. Composer de la musique pour recomposer l'humanité!
A moi, pinsons et alizés, rossignols et tramontanes, séismes et tonnerres, brames et marées, modes pentaphones des Bédouins, tams-tams dans la brousse du Niger, mélopées de femmes voilées de sombres aux funérailles corses, trompettistes ivres de jazz dans les bars de la Nouvelle-Orléans, clavecin sophistiqué de Couperin et de Rameau, bruit de fond à la Xenakis, opéra de Pékin aux sonnailles assourdissantes, danses balinaises douces, Requiem extatique de Fauré...plus ce que j'entendis, adulte, des Aborigènes, et, jeune marin, des bombardes bretonnes et des cornemuses celtiques...
Que ce chaos cohérent, que ce tintamarre symphonique accompagne mes visites dans les familles bien-aimées que ma vie coud ensemble, comme si mon autobiographie en orchestrait les particulières partitions, tentait d'harmoniser leurs différences, de blanchir les couleurs de leur kaléidoscope linguistique, comme si le temps foudroyant de mon existence pouvait,ô miracle, projeter en lui-même, comme en un miroir, non, comme dans le coup soudain d'une cymbale retentissante, le temps le plus long de l'hominisation.
Non, non, ne croyez vraiment que je voyage, que j'explore, que je pousse en avant, non, je ne fais que revenir, retrouver mes amis les plus intimes, autrefois abandonnés, Poomena, ma soeur la plus Dravidienne, et mon frère aborigène d'Alice Springs, et d'autres encore délaissés jadis, retrouvés hier à Melbourne et à Florence, à Terre-Neuve et dans le Berry, à Sao Paulo et dans les vallées du Queyras, sur les rives du Pacifique, de l'Inde et du cap de Bonne-Espérance, au Mali, en Gascogne, à Djibouti...comme si, loin d'un"chez moi"si récent que j'ai presque honte de ma nostalgie, je reliais enfin des fragments de réponses aux morceaux de questions par mes ancêtres, des fossiles de ma langue dans les racines de la leur, quelques débris de mélodies qui pouvaient compléter mes sonates inachevées; par un accord soudain, d'une complexité folle, je les entends soudain s'entretenir en moi, comme proches de moi; nous jouons, ici, et maintenant, dans le même orchestre éclaté, l'identique partition d'une polyphonie qu'ils pourraient signer aussi bien que moi..." Michel Serres. Fragments du grand Récit. Récits d'Humanisme. Le Pommier 2006
J'entends l'humain en moi sourdre en toutes les langues.
13:23 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, musique, philosophie, poésies
24.03.2008
Le Dit du Vieux Marin: Samuel Taylor Coleridge (1772-1834)

"Comment un navire, après avoir passé la Ligne, fut conduit par des tempêtes dans les froides Contrées qui s’étendent vers le Pôle Sud, et comment de ce lieu il fit route vers les Latitudes tropicales du Grand Océan Pacifique ; et des choses étranges qui advinrent, et de quelle manière le Vieux Marin s’en revint en son propre Pays." Extraits.
"...Les démons qui accompagnent l'Esprit du Pôle, habitants invisibles des éléments, partagent son grief ; et deux d'entre eux se racontent l'un à l'autre qu'une longue et lourde pénitence pour le vieux Marin a été accordée à l'Esprit du Pôle, qui s'en retourne vers le sud.
Combien de temps je demeurai ainsi,
Je ne saurais point l’assurer ;
Mais avant mon retour à la vie vraie,
J’entendis et discernai dans mon âme
Deux voix dans l’air à se parler.
« Est-ce lui ? » dit l’une. « Est-ce bien cet homme ?
Par celui qui mourut en croix,
Cet homme avec sa cruelle arbalète
Abattit l’Albatros benoît.
Cet esprit qui habite en solitaire
Parmi la neige et le brouillas
Aimait cet oiseau qui aimait cet homme
Qui d’une flèche le perça. »
L’autre voix était de note plus douce,
Aussi douce que la miellée.
Elle parla : « L’homme a fait pénitence,
Et n’a point fini d’expier. »
Qui le guide, calme ou furieux.
Vois, frère ! comme elle abaisse sur lui
Ses regards doux et gracieux. »
Le Marin a été plongé dans une transe ; car la puissance angélique fait filer le vaisseau vers le nord plus vite qu'une vie humaine ne le saurait supporter.
Première voix
« Mais qu’est-ce qui fait filer ce bateau
Sans vague, sans un souffle d’air ? »
Seconde voix
« L’air se fend devant lui à son approche,
Et puis se referme derrière.
Volons, frère, volons ! plus haut, plus haut !
Ou bien nous n’arriverons point :
Ce bateau musera, quand finira
L’ensorcellement du Marin. »
Le mouvement surnaturel se ralentit ; le Marin s'éveille, et sa pénitence reprend.
Je m’éveillai, et vis que nous voguions
Comme par temps paisible et doux :
La nuit était tranquille sous la lune ;
Les morts ensemble étaient debout.
Ils étaient tous ensemble sur le pont -
Un charnier mieux leur convenait :
Tous me fixaient de leurs regards de pierre,
Qui sous la Lune scintillaient.
L’angoisse, la malédiction, la mort
Jamais ne s’en étaient allées :
Je ne pus détacher mes yeux des leurs
Ni les élever pour prier.
La malédiction est enfin expiée.
Puis ce charme fut rompu ; à nouveau
Je contemplai l’océan vert,
Regardant au loin, mais ce qu’autrement
J’aurais vu, je ne le vis guère.
Tel celui qui, plein de peur et d’effroi,
Sur une route solitaire,
Se tourne une fois puis repart,
Sans plus regarder en arrière ;
Car il sait qu’un démon épouvantable
Marche tout près de lui derrière.
Mais bientôt, un vent me souffla dessus,
Sans faire bruit ni mouvement :
Il ne laissait en passant sur la mer
Nul signe d’ombre ou d’ondoiement.
Il jouait dans mes cheveux, touchait ma joue,
Ainsi qu’au pré la brise flue -
Bien qu’il se mêlât étrange à mes peurs,
C’était comme une bienvenue.
Vite, vite se pressait le bateau
Qui voguait paisible pourtant ;
Légère, légère soufflait la brise,
Mais sur moi-même seulement.
Et le vieux Marin aperçoit son pays natal.
Oh ! Rêve de joie ! est-ce le sommet
Du phare que je vois ici ?
Est-ce bien la colline ? Est-ce l’église ?
Est-ce donc mon propre pays ?
En dérivant, nous franchîmes le môle,
Et dans mes sanglots je priais -
Ô permets-moi de m’éveiller, mon Dieu !
Ou fais que je dorme à jamais.
La rade était d’une clarté de verre
Tant la mer était lisse et une !
Et sur la baie, la silhouette lunaire
Reposait dans le clair de lune.
Le rocher resplendissait, et l’église
Dressée dessus pareillement :
Le clair de lune baignait de silence
La girouette sans mouvement.
Les esprits angéliques quittent les corps défunts,
La baie, dans cette lumière muette,
Luisait blanche, lorsque soudain
En surgirent de nombreuses figures,
Des ombres teintées de carmin.
Et apparaissent sous leurs propres formes de lumière.
Guère éloignées de la proue se tenaient
Ces ombres de carmin vêtues :
Alors je tournai mes yeux vers le pont -
Ô Christ ! ce que j’y aperçus !
Chaque corps gisait, étendu sans vie,
Et, j’en jure la Sainte Croix !
Un homme de lumière, un séraphin,
Sur chaque corps se tenait droit.
Tous les séraphins agitaient la main :
C’était une vision des cieux !
Dressés comme des signaux vers la terre,
Ils resplendissaient merveilleux.
Tous les séraphins agitaient la main ;
Il ne venait d’eux nulle voix -
Nulle voix ; mais sur mon cœur ce silence
Comme une musique coula.
Mais bientôt j’entendis le choc de rames,
Et du Pilote le salut ;
Malgré moi, ma tête se détourna,
Et une barque m’apparut.
J’entendis le Pilote avec son Mousse
Qui se dépêchaient d’arriver.
Grand Dieu du Ciel ! c’était là une joie
Que les morts ne pouvaient briser.
J’en vis un troisième, je l’entendis :
Le bon Ermite, c’est sa voix !
Il chante à pleins poumons ses hymnes pieux
Qu’il va composant dans le bois.
Il lavera du sang de l’Albatros
Mon âme et la confessera.
Septième partie
L'Ermite du Bois,
Ce bon Ermite demeure en ce bois
Qui descend jusque vers la mer.
Comme il élève fort sa belle voix !
Il aime à causer avec les marins
Venant d’une lointaine terre.
Matin, midi et soir il s’agenouille
Sur son prie-Dieu bien rebondi :
C’est la mousse qui couvre tout entière
La souche du chêne pourrie.
L’esquif s’approcha, je les entendis :
« En vérité, c’est étonnant !
Où donc sont toutes ces belles lumières
Qui nous faisaient signe à l’instant ? »
S'approche du bateau plein de saisissement.
« Étonnant, ma foi ! » répondit l’Ermite.
« Notre appel n’est pas retourné !
Les planches ont l’air gauchi ! Et ces voiles,
Toutes fines et desséchées !
Je n’ai jamais rien vu qui leur ressemble,
Sinon peut-être la jonchée
De vieux squelettes brunâtres de feuilles,
Dans mon bois, le long du ruisseau,
Lorsque le lierre est tout chargé de neige,
Et la chouette ulule vers le loup
Qui dévore le louveteau. »
« Seigneur Dieu ! l’aspect en est démoniaque -
(Dit le Pilote en hésitant)
Il me fait peur. - Souque donc, souque donc ! »
Lui dit l’Ermite avec allant.
La barque se rapprocha du bateau ;
Je ne parlai ni ne frémis ;
La barque vint tout près sous le bateau,
Aussitôt un bruit retentit.
Le bateau sombre tout soudain.
Toujours plus fort et plus épouvantable,
Sous les eaux longtemps il gronda :
Il parvint au bateau, fendit la baie ;
Comme plomb le bateau coula.
Le Marin est sain et sauf dans la barque du Pilote.
Étourdi par ce bruit fort et terrible,
Choquant le ciel et l’océan,
Comme celui d’un noyé de sept jours
Mon corps flottait en dérivant ;
Mais vite comme en rêve vint la barque,
Et je me retrouvai dedans.
Au-dessus du tourbillon du naufrage,
La barque tourna sans répit.
Puis tout fut calme, hormis que la colline
Répétait encore le bruit.
Je murmurai - le Pilote cria
Et dans un spasme s’évanouit ;
Le saint Ermite éleva son regard,
Priant d’où il était assis.
Je pris les avirons ; alors le Mousse,
Qui est aujourd’hui dérangé,
Partit d’un long et fort éclat de rire
En roulant des yeux égarés.
« Ha ! ha ! » fit-il « je le vois clairement,
Le Diable sait comment ramer ! »
Et maintenant, dans mon propre pays,
Je retrouvai la terre ferme !
L’Ermite sortit de l’embarcation,
Ne tenant debout qu’avec peine.
Le vieux Marin implore instamment l'Ermite de le confesser ; et la pénitence de vivre s'abat sur lui.
« Confesse-moi, confesse-moi, saint homme !
L’Ermite se signa au front.
« Dis-moi vite », fit-il, « je te l’ordonne :
Quelle sorte d’homme es-tu donc ? »
Aussitôt ma carcasse fut tordue
Et déchirée d’affres terribles,
Qui me forcèrent à dire mon conte,
Puis après me laissèrent libre.
Et de temps à autres au cours de sa vie à venir, une grande angoisse le contraint à voyager de terre en terre.
Depuis, ces affres, à une heure incertaine,
Ressurgissent et me dominent :
Jusqu’à la fin de mon horrible conte,
Mon cœur brûle dans ma poitrine.
Je vais, comme la nuit, de terre en terre ;
Mes mots ont un curieux pouvoir ;
À l’instant même où je vois son visage,
Je reconnais l’homme qui doit m’entendre :
À lui je conte mon histoire.
Quel tintamarre éclate à cette porte !
Les convives sont arrivés ;
Mais la mariée et les filles d’honneur
Sont sous la tonnelle à chanter.
Écoute aussi la clochette des vêpres
Qui sonne et m’invite à prier !
Ô Convive ! Cette âme s’est trouvée seule
Sur un vaste, vaste océan :
Dans une solitude telle que Dieu même
Y semblait à peine présent.
Ô plus doux que le festin du mariage,
Bien plus doux m’est d’aller ainsi,
De marcher tous ensemble vers l’église
Dans une belle compagnie !
De marcher tous ensemble vers l’église,
Et tous ensemble d’y prier,
Comme chacun s’incline vers son Père,
Vieillards, bambins, amis aimants et chers,
Jeunes gens et filles enjouées !
Et à enseigner, par son propre exemple, l'amour et le respect pour toutes les choses que Dieu a faites et qu'il chérit.
Adieu, adieu ! Mais je te dis ceci,
À toi, Convive de ces fêtes !
Il prie bien, celui-là qui aime bien
Et l’homme, et l’oiseau, et la bête.
Il prie au mieux, celui qui aime au mieux
Tous les êtres grands et petits ;
Car le Dieu de charité qui nous aime
Tous les a faits et les chérit.
Le Marin, dont l’œil est étincelant,
Dont la barbe est blanchie par l’âge,
Est parti ; et voici que le Convive
Quitte la porte et le mariage.
Il s’en fut étourdi, comme celui
Qui de son sens est orphelin ;
Et c’est en homme plus triste et plus sage
Qu’il se leva le lendemain."
Traduction: Bertrand Bellet, février 2006
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Livre compagnon de mes errances ininterrompues à travers le monde. Livre de chevet, avec le Journal de Delacroix. Lu et relu sans cesse. A chaque fois, une découverte, un éblouissement. Coleridge, un des plus grands poètes Anglais...
http://www.youtube.com/watch?v=slUW5IBVo_8
09:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésies, coleridge
23.03.2008
Easter light... Emmanuel Mounier ( 1905-1950)!
La démarche de Mounier m'attire infiniment. " Emmanuel Mounier n'a pas humilié sa condition d'agrégé de philosophie devant le monde ouvrier...//...Pauvre, il a renoncé aux conforts et aux honneurs d'une chaire universitaire, pour travailler dans des difficultés quotidiennes à créer cette revue Esprit, qu'il anime encore, maintenant qu'il n'est plus, par ceux qui ont pris le relais et dont le but dans la vie est le même que le sien: Ne pas faire de cette vie quelque chose d'éclatant mais " y imprimer l'infini."
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"... Il faut que nous fassions quelque chose de notre vie. Non pas ce que les autres voient et admirent, mais ce tour de force qui consiste à y imprimer l'infini..." Lettre à sa soeur.
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Berlin, Mars 08:
http://www.youtube.com/watch?v=iimMKWF7SK0
23:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, peinture, poésie, philososphie
18.03.2008
O Toi qui savais...
23:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.03.2008
Un peu de douceur...
10:36 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, magnolia, azalées, nature
13.03.2008
Ce n'est jamais fini la mer...
« Dire est insuffisant. Il faut vivre les choses. C’est pourquoi le langage est un intermédiaire essentiel. Vivant. Il ne faut pas le traiter en moyen, il faut en assurer l’expérience, en assumant la souffrance. La langue est une éternelle bien aimée »
Franz Kafka.
Photo: SonYa, avec son aimable non autorisation. Pardonne-moi, SonYa, elle est belle ta photo.
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16:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, bona mangangu, la mer, poésies
Carnets du Sud: Léon Gontran Damas: poète noir
Découvrons Léon Gontran Damas, poète noir, chantre de la négritude et de la liberté.
Léon-Gontran Damas est né le 28 mars 1912 à Cayenne (Guyane). Lorsque sa mère meurt en 1913, il est élevé par une tante, Gabrielle Damas (qui est la fameuse « Man Gabi »). Après l’école primaire à Cayenne, il continue ses études à Fort-de-France, au lycée Schœlcher (en 1925-26, il y partage les bancs avec Aimé Césaire). En 1928, Damas poursuit ses études secondaires à Meaux. Il reste en France et se fixe en 1929 à Paris. Il y entame des études de russe et de japonais. Il suit des cours de droit, fréquente également la faculté des Lettres et plus tard l’Institut d’Ethnologie de Paris.
Témoin de discrimination raciale en métropole, Damas est sidéré devant ce qui se passe ailleurs aussi, sur le front fasciste européen et dans le pays de l’Oncle Tom. Plus qu’Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor (avec qui Damas forme le trio fondateur de la Négritude), Damas suivra de près le problème racial en Amérique : les lois « Jim Crow », les lynchages et les émeutes, la lutte pour les droits civiques de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People). Parallèlement, il traduit dans nombre de ses poèmes sa douleur devant le désastre que sont le racisme et le tabou des relations interraciales. Incarnant en poésie la pensée de Frantz Fanon avant la lettre – le mimétisme et le complexe d’infériorité, les séquelles du colonialisme – Damas épingle les nombreux fantasmes du Blanc sur le Noir, ainsi que les nombreuses frustrations du Noir dans la société blanche. Il fréquente et se lie d’amitié avec Countee Cullen, Langston Hughes (dont il prépara la biographie en français) ainsi qu’avec un autre chef de file de la littérature de révolte afro-américaine, Richard Wright.
En 1935, Damas accepte la responsabilité de secrétaire de rédaction de la revue L’Étudiant noir. Deux ans plus tard, il publie à compte d’auteur Pigments, plaquette de poésie illustrée d’un bois gravé du pacifiste gantois, Frans Masereel. (Robert Desnos fait l’éloge de Damas dans des termes tout à fait analogues à ceux qu’emploie plus tard Breton pour Césaire.) Suit en 1938 Retour de Guyane. Damas publie en 1953 Graffiti et en 1956 Black-Label : un titre-tonnerre, une boisson amère qui sonne comme « Blue Note » pour la musique jazz, « Cuba libre » pour les cocktails caraïbes. Damas, le bègue, chante la solitude, la peur d’être abandonné par celle qu’il aime et attend, la tristesse et la lâcheté du « blanchiment », comme le font les musiciens de jazz qu’il vénère (cf. « Shine », pour Louis Armstrong).
Considérant les problèmes du racisme à l’échelle planétaire (« race », religion, langue, nationalité et préférence sexuelle confondues), solidaire avec les soldats, avec les « catins blêmes », ayant arpenté d’autres « terres consanguines » (Césaire), Damas combina sans faille une carrière politique et littéraire, tant ces deux engagements lui semblent indissociables. Suite au décès du député de la Guyane, René Jadfard, Damas siège de 1948 à 1951 à l’Assemblée Nationale française. Marié avec la Martiniquaise Isabelle Victoire Vécilia Achille en 1949, Damas ne se contente pas d’être « bêcheur de cette unique race » (Césaire) et il collabore à des revues-manifestes : La Revue du Monde noir, Légitime Défense et L’Étudiant noir. Il se lie d’amitié profonde avec Alain Locke (The New Negro) et Claude McKay (qu’il cite en exergue à Black-Label).
Antimilitariste et antifasciste, Damas aura de nombreux démêlés avec les Nazis. Il lutte aux côtés de personnes comme Robert Desnos, Jean-Louis Baghio’O et Marguerite Duras contre Vichy et l’occupation nazie. En 1943, nous apprend Daniel Racine, « la Gestapo [...] l’arrête, la Milice, les Waffen SS ou la police française » le menacent. Ayant étudié l’ethnologie avec Jacques Roumain et Michel Leiris, Dumas sera, après les tourments de la guerre, chercheur à l’UNESCO de 1964 à 1969. En 1964, il se rend au Brésil, où il rencontre sa deuxième femme, Marietta Campos, qu’il épouse en 1967. Voyageant beaucoup, tant aux États-Unis que dans la Caraïbe, avec des allers et retours fréquents en France, Damas est aussi le fondateur, aux Éditions Fasquelle à Paris, d’une collection « Écrits français d’outre-mer ».
En 1977, on lui découvre un sarcome cancéreux sous la langue. Guéri, il se rend à Dakar, mais doit être hospitalisé d’urgence quelques mois après l’opération à cause d’une rupture d’anévrisme. À la fin de cette même année, il attrape une pneumonie et on diagnostique un cancer à la gorge. Il meurt le 22 janvier 1978 à Washington, D.C.
Après sa carrière politique, il se consacre à faire connaître, aux États-Unis et dans la Caraïbe, la Négritude et le « Vieux Monde ». Damas est nommé professeur à l’Université Howard à Washington, D.C. (« Distinguished Professor of African Literature »), chaire qu’il occupe jusqu’à sa mort. À Washington, il se lie d’amitié avec Mercer Cook (traducteur de Roumain), à qui il dédicace son poème le plus célèbre, « Hoquet ».
On ne saurait assez souligner la fonction de Damas comme médiateur entre les littératures et auteurs anglophones et francophones.
Selon Daniel Maximin, qui renvendique une « connivence » avec Damas, « Damas [est] un des plus méconnus, un des plus grands poètes de ce siècle dans notre Tiers Monde et dans notre poésie caribéenne, le compagnon de Césaire, de Senghor. Il est pour moi le poète de la sincérité absolue, de la mise à nu, avec lequel j’essaie de dialoguer. Le seul qui ait osé parler d’amour au milieu de la décolonisation... ».*
– Kathleen Gyssels
* Cité dans Christiane Chaulet-Achour, "Sous le signe du colibri. Traces et transferts autobiographiques dans la trilogie de Daniel Maximin". Postcolonialisme et Autobiographie. Albert Memmi, Assia Djebar, Daniel Maximin. Hornung & Ruhe, éds. NY/Amsterdam: Rodopi, 1998: 214-215.
Oeuvres principales:
Poésie:
- Pigments, avec une préface de Robert Desnos et un bois gravé de Frans Masereel. Paris: G.L.M. Éditeurs, 1937 (ouvrage saisi et interdit en 1939 pour atteinte à la sûreté de l’État). Édition définitive avec une préface de Robert Goffin et un dessin hors-texte de Max Pinchinat, Paris: Présence Africaine, 1962.
- Graffiti. Paris: Seghers, 1952.
- Névralgies. Paris: Présence Africaine, 1966.
- Black-Label. Paris: Gallimard, 1956.
- Pigments Névralgies avec un dessin hors-texte de Max Pinchinat. (édition définitive) Paris: Présence Africaine, 1972.
Essais:
- Retour de Guyane. Paris: José Corti, 1938.
- Poètes d’expression française. Paris: Seuil, 1947.
- Poèmes Nègres sur des airs africains. Paris: G.L.M. Éditeurs, 1948.
Contes:
- Veillées noires, Contes Nègres de Guyane. Paris: Stock, 1943. Montréal: Leméac, 1972.
Sur Léon-Gontran Damas:
Ouvrages collectifs:
- Collectif. Hommage posthume à Léon-Gontran Damas, (1912-1978). Paris: Présence Africaine, 1979.
- Collectif. Actes du colloque Léon Gontran Damas, Paris, 8, 9 et 10 décembre 1988, sous l’égide de Présence Africaine et de l’Agence de Coopération Culturelle et technique, Textes colligés en 1989 par Michel Tétu sous la présidence de Léopold Sedar Senghor et d’Aimé Césaire.
Articles choisis:
- Burton, Richard D.E. "My Mother who Fathered Me: ’Hoquet’ by Léon Damas". Journal of West Indian Literature 4.1 (janvier 1990): 14-27.
- Cailler, Bernadette. "Hitlérisme et entreprise coloniale (le cas Damas)". French Cultural Studies 5 (1994): 23-38.
- Dahouda, Kanaté. "L.G. Damas et Saint-Denys Garneau: poésies et figures de la violence". Présence Francophone 53 (1999): 45-57.
- Gyssels, Kathleen. "De rampspoed van L.G. Damas: Ethniciteit en gender in Pigments en Névralgies". Streven 69.3 (2002): 240-51.
- Gyssels, Kathleen. "’Le Chemin de Damas’. The Erasure of Gender as By-product of Colonialism: Rereading L.G. Damas’ Poetry". Gender and Colonialism, Katharina Städler, ed. (Proceedings of the VAD Conference, Hamburg, May 23-26, 2002). (à paraître).
- Kesteloot, Lilyan. Les Écrivains noirs de langue française: naissance d’une littérature. Bruxelles: Institut de Sociologie de l’Université Libre, 1963: 128-147.
- Latidine, Yasmina. "La représentation de la femme dans l’œuvre de Léon-Gontran Damas". Boutures 2.1 (septembre-février 2002): 17-19.
- Malanda, Ange-Séverin. Passages II. Histoire et pouvoir dans la littérature antillo-guyanaise. Paris: Ed du Ciref, 2002.
- Mongo-Mboussa, Boniface. "La littérature africaine: fille d’errance". Désir d’Afrique. Paris: Gallimard, 2002: 29-40.
- Racine, Daniel L., éd. Léon-Gontran Damas, 1912-1978: founder of Negritude: A Memorial Casebook. Washington, D.C.: University Press of America, 1979.
- Racine, Daniel. Léon-Gontran Damas, l’homme et l’œuvre. Préface de L.S. Senghor. Paris: Présence Africaine, 1983.
- Sommer, Doris. "Resistant Texts, Incompetent Readers". Poetics Today 15.4 (Winter 1994): 523-551.
- Toumson, Roger. "Une expérience des limites: l"épreuve du langage poétique chez L G Damas". La Transgression des couleurs, Littérature et langage des Antilles (XVIIIe, XIXe, XXième siècles). Paris: Éditions Caribéennes, 1989, Tome 2: 401-411.
Documentaire:
- Gonzalez, Jean-François (réalisateur). Léon Gontran Damas : ce pays de Guyane à mon cœur accroché. Schœlcher: CRDP des académies de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique, 1991. Vidéo-documentaire, 42 min.
Essais consacrés en partie à Damas:
- Antoine, Régis. La littérature franco-antillaise, Haïti, Guadeloupe, Martinique. Paris: Karthala, 1992.
- Corzani, Jack. La littérature des Antilles-Guyane française. Fort-de-France: Désormeaux, 1978, tome 4.
- Ndagano, Birganine. Le nègre tricolore. Littérature et dominiation en pays créole. Paris: Maisonneuve & Larose, 2000.
Sources:
www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/damas.html
Extrait:
Il est des nuits
Léon GONTRAN-DAMAS
Pour Alejo Carpentier
Il est des nuits sans nom
il est des nuits sans lune
où jusqu'à l'asphyxie
moite
me prend
l'âcre odeur du sang
jaillissant
de toute trompette bouchée
Des nuits sans nom
des nuits sans lune
la peine qui m'habite
m'oppresse
la peine qui m'habite
m'étouffe
Nuits sans nom
nuits sans lune
où j'aurais voulu
pouvoir ne plus douter
tant m'obsède d'écoeurement
un besoin d'évasion
Sans nom
sans lune
sans lune
sans nom
nuits sans lune
sans nom sans nom
où le dégoût s'ancre en moi
aussi profondément qu'un beau poignard malais
(Pigments, 1939)
13:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : léon gontran damas, poésie nègre, littérature noire, afriques, antilles
08.03.2008
Beauté de l'attrait...
"Vous êtres proche, elle est seulement présente."- "Mais je ne suis que proche, alors qu'elle est la présence...//..." Proche, mais pas nécessairement de vous ni de moi?"- "Ni de l'un ni de l'autre. Mais c'est ce qu'il faut. C'est cela, la beauté de l'attrait: jamais vous ne serez assez proche et jamais trop proche; et pourtant toujours tenus et attenant l'un à l'autre."Maurice Blanchot op. Cit page 87-88
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Bona, acrylique sur papier sac de farine, Oslo Norvège Février 07. Coll. Part.
22:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bona mangangu, peintures, maurice blanchot, littérature














