« Ce n'est pas fini la mer... | Page d'accueil | Giono-Bosco: Ecrivains provençaux... »
07.04.2008
Offrande silencieuse: Henri Bosco (1888-1976)
"J'ai écrit des récits. Le récit m'est indispensable pour atteindre indirectement à la poésie. C'est la poésie que je cherche, c'est-à-dire la création de fictions, tirées du plus profond de l'âme et dont la vie fictive, observée, analysée avec soin, me permette d'étudier et de connaître cette âme elle-même, par cette sorte de reflet.
Or pour que ces reflets soient bien vivants, pour qu'ils s'animent, il faut mettre l'âme en présence de ces points magnétiques du monde qui, par leurs radiations, excitent le plus intensément les puissances intérieures : la terre, les bêtes, le vent, l'eau, le feu, l'air, certaines créatures privilégiées, intermédiaires étranges entre nous et l'inconnu.
C'est la quête des secrets. Or que nous laissent supposer ces secrets multiples, sinon que tout se tient, que tout voit, que tout communique, que tout a un sens, et qu'on erre à ne pas croire en cette unité de la vie ; bien plus que vie et mort sont deux branches d'un même tronc, et que finalement tout aboutit à l'unité de l'être, qui, lui-même, fondu dans le non-être, est mystérieusement contenu par Dieu. Tout mythe poétique est un mythe religieux.
Chercher à travers ces secrets, découvrir les communications invisibles au commun c'est aller vers ce que j'appelle le Paradis terrestre."
Henri Bosco - Lettre à Jean Steinmann, Pentecôte 1948, in "Jean Steinmann, Littérature d'hier et aujourd'hui" - Desclée de Brouwer, 1963.
Ceux qui ont pratiqué Bosco ont un champ de conscience plus large, ils respirent mieux dans un espace ouvert à la contemplation et au rêve, ils échappent à la monomanie de la raison logicienne et aux scléroses qu'elle entraîne. Un psychiatre belge, le Dr Van Bogaert, a institué dans sa clinique un traitement des névroses par " Bosco-thérapie ". Les résultats sont, paraît-il, concluants. Qui sait si une bonne cure bosquienne ne sera pas bientôt nécessaire pour désintoxiquer périodiquement les robots au sourire figé que fabrique en série la société dite civilisée.
JEAN ONIMUS
13:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, nature, poésies, paysages





Commentaires
Ah oui Bona, je relis souvent des pages de "Malicroix" : personne n'a jamais si bien décrit je crois les météores, le vent, la tempête, une Camargue inimaginable : envoûtant...
Ecrit par : Ray | 08.04.2008
Holà amigo! C'est vrai, je le confirme. J'ai laissé "le Mas théotime" en France; je n'ai pas lu "Malicroix", j'aimerais bien. Bosco m'accompagnait souvent dans les Hautes Corbières...
Souvenirs, souvenirs!
Bonne soirée!
Ecrit par : Bona | 08.04.2008
J'aimerais être comme toi, ne pas avoir encore lu Malicroix, tu te prépares un pur bonheur ! good night !
Ecrit par : Ray | 08.04.2008
Je trépigne, je trépigne...Tu me prêteras le tien?
Bonne journée!
Ecrit par : Bona | 09.04.2008
Je viens de voir qu'ils l'avaient en occasion chez Gibert, là juste à côté, tu veux que je te l'envoies ?
Ecrit par : Ray | 09.04.2008
Bonsoir Bona,
Pourquoi pas la Bosco thérapie ? Un psy propose même la guérison par le cinéma (les films)..... Si cela marche allons-y !!!!
Ecrit par : elisabeth | 11.04.2008
Ecrire un commentaire